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Réchauffement climatique est-il déjà trop tard ?

5 août 2020 | 0 commentaires

Réchauffement climatique : dramatique accélération de la perte de glace au Groenland et en Antarctique

La prestigieuse revue scientifique Science (dans son édition datée du 24 mars 2006) lançait un cri d’alarme : la glace des calottes du Groenland et de l’Antarctique disparaît beaucoup plus vite qu’anticipé. Si la tendance se confirme, le niveau des mers pourrait monter de 8 mètres en seulement quelques siècles.

Les scientifiques savent déjà depuis longtemps que les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique Ouest sont particulièrement vulnérables à une élévation locale des températures provoquées par le réchauffement climatique. Ils avaient également constaté depuis quelques années une forte accélération de l’écoulement des glaciers dans ces régions polaires, sans très bien savoir pourquoi. En effet, plusieurs des plus grands glaciers aux périphéries Est, Ouest et Sud du Groenland ont vu leur vitesse d’écoulement doubler au cours des cinq à dix dernières années, à la grande surprise des scientifiques. Les gigantesques glaciers Kangerdlugssuaq sur la côte Est et Jakobshavn Isbrae sur la côte Ouest du Groenland, par exemple, ont ainsi atteint une vitesse d’écoulement de 13 km/an, devenant les glaciers les plus rapides du Groenland.

Dans son édition datée du 24 mars 2006, la très sérieuse revue scientifique Science (l’une des deux plus prestigieuses avec Nature) consacrait déjà un dossier spécial à ce phénomène et lancait un cri d’alarme : une montée du niveau des mers et des océans de plusieurs mètres d’ici la fin du siècle devient soudain beaucoup plus probable. En effet, les glaciologues commencent enfin à comprendre quels phénomènes physiques sous-jacents accélèrent la disparition des calottes polaires. Jusqu’à présent, ils pensaient que la fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique Ouest prendrait plusieurs milliers d’années. Les scientifiques sont en train de réaliser que les émissions de gaz à effet de serre du XXIe siècle pourraient suffire à détruire ces deux calottes en quelques siècles seulement, provoquant ainsi une catastrophique montée de 5 à 10 mètres du niveau des mers sur toute la planète.

L’ACCÉLÉRATION DES GLACIERS POLAIRES

Ce que constatent les glaciologues, ce n’est pas tant une augmentation de la fonte proprement dite qu’une accélération de la vitesse de glissement des gigantesques glaciers groenlandais vers l’océan. Et le même phénomène semble à l’oeuvre dans l’Antarctique Ouest. Fonte ou glissement, le résultat ultime est le même : la disparition de la glace et l’élévation du niveau des océans. De 1996 à 2005, les scientifiques estiment que la perte de glace totale du Groenland aurait doublé, atteignant environ 224 kilomètres cubes par an en 2005. En Antarctique, la perte annuelle totale serait actuellement de 148 kilomètres cubes par an.

Mais quels sont donc ces phénomènes physiques qui accélèrent l’écoulement des glaciers vers l’océan ?

Les scientifiques en ont identifié plusieurs :

  1. L’eau de fonte à la surface des glaciers, due au réchauffement de l’air ambiant, s’écoule par des crevasses jusqu’à la base des glaciers où elle forme une couche de lubrifiant qui accélère l’écoulement de ces derniers.
  2. Selon les scientifiques, les océans auraient jusqu’à présent absorbé la moitié du surcroît de chaleur dû au réchauffement climatique, l’autre moitié ayant réchauffé l’atmosphère. Au niveau des pôles, la couche d’eau saline qui a le plus chauffé se situe (pour des raisons trop longues à expliquer) à environ 600 mètres de profondeur. Étant donné que la base des plus grands glaciers groenlandais au contact de l’océan se trouve à environ 1000 mètres de profondeur, l’augmentation de la température de l’eau de mer vers 600 mètres de fond contribue à saper la base de ces glaciers en la faisant fondre, accélérant ainsi leur glissade vers l’océan.
  3. La fonte de la périphérie des glaciers provoque aussi un relâchement mécanique dans les glaciers comme si, en quelque sorte, un verrou s’opposant à leur écoulement venait de céder.
  4. Enfin, les glaciologues ont constaté que les glaciers peuvent avancer soudainement par sauts successifs à la suite de tremblements de terre, ou plus exactement de  tremblements de glace. Les scientifiques ont mesuré un doublement du nombre de ses tremblements de glace au cours des cinq dernières années, ce qui est le signe d’une accélération du déplacement de ces glaciers vers l’océan.

Si tu désires en savoir plus sur les phénomènes scientifiques qui entrent en jeu dans les écosystèmes, je te conseil de visiter les dossiers des gardiens du climat qui comporte des ressources pédagogiques très bien fait pour partager à l’école.

QUEL NIVEAU DES MERS DANS L’AVENIR ?

Les prévisions officielles des scientifiques jusqu’à présent étaient que le niveau des mers augmenterait d’un peu moins d’un mètre d’ici 2100. Mais ces prévisions devront certainement être revues à la hausse compte tenu de ces nouveaux phénomènes accélérant la perte de glace au Groenland et dans l’Antarctique Ouest.

Pour essayer de prévoir ce qui nous attend, les scientifiques se sont intéressés à ce qui s’est passé il y a 130.000 ans, époque à laquelle la température au niveau des pôles était à peu près la même que celle qu’elle atteindra au cours du XXIe siècle quand le réchauffement climatique aura augmenté la température moyenne à la surface de la Terre d’environ 2°C. À cette époque, le niveau des océans était environ 3 à 4 mètres plus haut que de nos jours. Selon les scientifiques et la revue Science, tout laisse craindre que, faute d’agir rapidement pour réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre, un point de non-retour ne soit bientôt franchi et qu’une montée du niveau des océans de plusieurs mètres ne devienne alors inéluctable.

Une montée du niveau des mers de plusieurs mètres rendrait inhabitables toutes les villes côtières de la planète, dont Londres, Venise, Calcutta, New York et Tokyo pour n’en citer que quelques unes …. et déplacerait un milliard et demi de personnes.

Des résultats inquiétants

Ces derniers résultats scientifiques sur l’accélération de la perte de glace au Groenland et en Antarctique et la montée du niveau des mers qui en résultera sont vraiment très inquiétants. Si nous n’agissons pas rapidement et efficacement pour enrayer le réchauffement climatique, nous ne pourrons pas dire que nous n’avons pas été prévenus !

Il n’y a pas de planète B

La température moyenne sur terre a augmenté depuis la fin des années 1800.

On s’attend à ce qu’elle continue d’augmenter de plusieurs degrés Celsius d’ici à l’an 2100 et peut-être même plus puisque jusqu’ici. Les résultats ont toujours surclassés les prévisions – cela constitue un rapide et dangereux changement. Même si seulement la prédiction minimale venait à se produire, elle serait supérieure à toute autre tendance sur 100 ans au cours des 10 000 dernières années.

Les principales raisons de cette hausse de la température sont un siècle et demi d’industrialisation et d’activités humaine

la combustion de quantités de plus en plus élevées de combustibles fossiles comme le charbon, le pétrole et les autres gaz naturels utilisés entre autre pour fabriquer de l’électricité, ainsi que par les industries et les véhicules, la coupe des forêts et de terre humide, qui absorbent et emmagasinent les gaz à effet de serre et régularisent l’atmosphère ainsi que certaines méthodes agricoles.

Ces activités ont augmenté les quantités de “gaz à effet de serre” dans l’atmosphère. Ces gaz sont essentiels à la vie sur terre; ils empêchent une partie de la chaleur solaire de retourner dans l’espace mais en quantités toujours grandissantes, ces gaz sont en train de pousser la température globale à des sommets artificiellement élevés qui altèrent le climat, et éventuellement la faune et la flore.

Selon la tendance actuelle du réchauffement, ça risque de causer des extinctions d’espèces. De nombreuses espèces de plantes et d’animaux, déjà menacées par la pollution et la perte de leur habitat, sont appelées à disparaître dans les prochaines années. Les êtres humains, bien que ne risquant pas d’être atteints de cette manière, vont probablement faire face à des difficultés de plus en plus grandes. Les récentes tempêtes, inondations et sécheresses, par exemple, ont tendance à démontrer ce que les modèles d’ordinateurs prédisent comme fréquents “événements météorologiques extrêmes”.

Le niveau de la mer a augmenté au cours du 20e siècle et une hausse supplémentaire de 9 à 88 cm est prévue d’ici l’an 2100. (Des températures plus élevées causent  l’expansion du volume des océans et, la fonte des glaciers et des calottes glaciaires ajoute encore plus d’eau.) Si le sommet de cette échelle est atteint, la mer pourrait déborder dans des zones côtières fortement peuplées de pays tels que le Bangladesh, causant ainsi la disparition de nations entières (tel que l’Etat-île des Maldives), polluant l’eau fraîche de milliards de personnes et poussant à des migrations massives.

Dans la plupart des régions tropicales et sub-tropicales, les productions agricoles sont prévues de chuter — et dans les régions tempérées, aussi, si les températures augmentent de plus de quelques degrés Celsius. Est également prévu un assèchement des zones intérieures continentales, telles que l’Asie centrale, l’Afrique sahélienne et les Grandes Plaines des États-Unis. Ces changements pourraient causer, au minimum, des perturbations dans l’usage des sols et les ressources alimentaires. Et la portée de maladies telles que le paludisme pourrait s’étendre.

Le réchauffement global est un problème “moderne” — compliqué, impliquant le monde entier, emmêlé à d’autres sujets difficiles tels que la pauvreté, le développement économique et la croissance de la population. Le traiter ne sera pas facile.  L’ignorer et ne rien faire sera pire. Il est donc indispensable que les jeunes soient informés sur le réchauffement climatique.

Il y a plus d’une décennie, la plupart des pays se sont joints à un traité international — la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques — en vue de commencer à considérer ce qui pouvait être fait pour réduire le réchauffement global et faire face à toute hausse inévitable des températures. En 1997, les gouvernements se sont mis d’accord pour faire un ajout à ce traité, appelé le Protocole de Kyoto, lequel contient des mesures plus fortes (légalement contraignantes). Le Protocole est entré en vigueur le 16 février 2005. Et, depuis 1988, un Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat passe en revue la recherche scientifique et fournit aux gouvernements des résumés et des conseils sur les problèmes de climat. Malheureusement encore, trop peu de pays respecte le protocole, alors il est primordiale que tout le monde en parle, et que tout le monde proteste face à l’inaction des autre.

N’oubliez pas, il y a plusieurs solutions au réchauffement climatique, mais nous n’avons une seule planète… Peut-on se permettre de prendre le risque?

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